Ennéatype 9 : le Médiateur

Celui qui veut la paix

L’ennéagramme est un outil de psychologie qui s’intéresse aux motivations derrière nos comportements en répondant à la question «pourquoi je/il/elle agit comme ça ?». Il permet d’apprivoiser nos réactions, de comprendre et anticiper celles des autres.
Sa conviction ? Quel que soit le contexte socio-culturel, il n’existe que 9 types de personnalités, correspondant à neuf peurs humaines fondamentales. Chaque personnalité se construit autour de l’une de ces peurs, appelée “compulsion”.
Quelques rappels de vocabulaire : la force principale est la qualité que l’ennéatype apporte au monde. La tendance principale est l’émotion qui le tient sous son emprise, et sa compulsion est ce qu’il cherche à éviter.

Ennéatye 9 – Le médiateur

Force principale : le soutien
Tendance principale : la paresse (pas la paresse de faire, mais la paresse d’être)
Compulsion : les conflits
Ce qu’il veut : être reconnu pour sa paix intérieure
Vertu : la justice

Construction le médiateur

Comme les types 1 et 8, le petit 8 a manqué de place pour exister ; il nourrit le besoin d’être accepté et vit dans la peur d’être négligé. 

Enfant, il s’est souvent senti coincé entre deux points de vue, négligé en comparaison de ses frères et sœurs. Il a développé une phobie du conflit, de peur de retrouver tiraillé, et a pris l’habitude de s’oublier pour veiller à ce que l’harmonie règne toujours autour de lui. C’est une personnalité qui écoute, mais parle peu d’elle-même, qui occupe l’espace ou son quotidien avec des choses qui ne sont pas trop engageantes, qui lui permettent “d’être là sans l’être”. Une sorte d’état hypnotique dans lequel il se complaît, puisqu’il pense qu’oublier son être est la seule façon de vivre correctement.

Vivre avec un médiateur

Très effrayé par la perspective de l’abandon, le médiateur rêve d’une fusion à laquelle il renonce d’avance. Il est persuadé que son comportement est une preuve d’altruisme ; il croit qu’en s’oubliant, il aime les autres. Or, en réalité, l’amour est un don de soin, don impossible à faire lorsque l’on n’habite pas son être.

"On me croit calme ; je le suis moins que j'en ai l'air. Moi-même j'ignore combien je suis en colère. Jusqu'à ce que j'explose."
Tous les médiateurs
tout le temps

Mot-clé, mécanisme de défense, attention première et prise de décision d’un médiateur

Pour comprendre la logique d’un type 9, il faut savoir que son mot-clé est “étalement”. Puisqu’il peine à affirmer son existence, tout lui semble très abstrait, le temps, notamment. Tous les instants se valent. Il se consacre aux autres, et les laisse “s’étaler”, déborder dans tous les domaines de sa vie, de son intimité. C’est dans la lignée de son mécanisme de défense : l’addiction. Le 9 y tombe facilement (sport, drogues, sommeil, nourriture…) puisque pour oublier ses émotions, gênantes dans son dévouement aux autres, il peut passer en “pilote automatique” grâce à une routine. 

Qu’il soit ton collègue, ta moitié, l’un de tes parents ou un ami, quoi que vous fassiez, où que vous alliez, sache que son attention première se portera toujours sur ce qui peut entraîner un conflit, sur les opinions qui peuvent être source de malaise. Égal à lui-même, prendre une décision est un calvaire pour le médiateur, puisqu’il sait que choisir implique nécessairement de contrarier quelqu’un.

"L'ennéagramme ne t'enferme pas dans une case. Il te montre la case dans laquelle tu es déjà pour t'aider à en sortir."
Ian Cron
The road back to you

Évolution d’un médiateur

Chaque type évolue selon trois humeurs : bonne (intégration), neutre et mauvaise (régression). Dans les bonnes et mauvaises phases, il intègre les qualités ou défauts d’un autre type.

Quand il va bien, qu’il est au top de lui-même en phase d’intégration, le médiateur devient maître de sa propre vie ; un être autonome, accompli, serein. Il diffuse la paix grâce à son esprit franc, son caractère optimiste et rassurant, et assimile les qualités du 3 (battant).

En phase neutre, il est pilote automatique : effacé. S’il est empathique et diplomate, le médiateur se laisse toutefois marcher dessus, car il ne sait ni dire non, ni imposer des limites à son entourage. Pour être apprécié et éviter le conflit, il stoppe toute réflexion et émotion légitime mais dérangeante, quitte à devenir inconscient et influençable. Ses comportements sont programmés pour le confort et le conduisent à se défiler face aux problèmes : la politique de l’autruche.

Quand il va mal… Aie. Le 9 devient passif, répressif et négligeant. Il adopte le contre-pied de sa stratégie habituelle : puisque son opinion ne compte pas, il décide de se moquer de tout. Sortie hors-contexte, sa colère éclate avec démesure. Il devient un passif-agressif, et assimile les défauts du type 6 (loyal).

A.Hitchcock & Walt Disney, deux médiateurs

 Si l’un de tes proches est médiateur

…Tu as un ami apaisant et dévoué, qui t’écoute sans te juger et t’accueille tel que tu es. Mais puisque le médiateur est incapable d’imposer des limites à son entourage, il te faut faire preuve de discernement et de bienveillance pour ne pas profiter de l’espace qu’il te donne. Encourage-le à communiquer et à penser à lui, à ses désirs, à ses envies. Parce qu’il refoule ce qu’il ressent et ce qu’il souhaite, le 9 cumule frustrations, colères et tristesses. Conduis-le à partager ces choses en temps réel ; fais-lui comprendre qu’il a le droit de les ressentir sans craindre de se mettre à dos ceux qu’il aime.

Médiateur, c’est pour toi

C’est le mot de la fin ! L’ennéagramme a un but très simple : nous aider à nous comprendre et nous apprivoiser. La question que tu te poses sûrement : “en quoi l’ennéagramme peut-il m’aider ?” Simple ! 

L’ennéagramme pointe quelques traits propres à ta personnalité de médiateur : la question de l’effacement, de l’oubli de soi, du conflit. Le savoir te permet, au quotidien, de prendre du recul sur toi-même et une situation qui peut soit te mettre mal à l’aise, soit créer une gêne chez les autres. Il te permet de relativiser ce que tu es et ce que tu fais : ce n’est pas en cessant d’exister que tu éviteras les querelles. L’idée de conflit t’effraye, tu l’associes à la séparation. Mais toute discorde ne conduit pas à une rupture relationnelle. Les désaccords sont naturels et sains dans une société composée d’individus similaires mais différents. La richesse des relations naît de ces différences et de la façon dont elles sont accueillies : en cherchant à les gommer, tu noies ton individualité, ton unicité, ce qui instaure l’amour profond et sincère. Car un amour obtenu sur le consensus et le déguisement de ton être réel n’en est pas vraiment : sois toi-même pour aimer l’autre sincèrement en faisant un don de ce que tu es, et non pas un prêt d’un personnage fabriqué.

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