Ennéatype 8 : le Chef

Celui qui veut tout contrôler

L’ennéagramme est un outil de psychologie qui s’intéresse aux motivations derrière nos comportements en répondant à la question «pourquoi je/il/elle agit comme ça ?». 

Il permet d’apprivoiser nos réactions, de comprendre et anticiper celles des autres.
Sa conviction ? Quel que soit le contexte socio-culturel, il n’existe que 9 types de personnalités, correspondant à neuf peurs humaines fondamentales. Chaque personnalité se construit autour de l’une de ces peurs, appelée “compulsion”.

Quelques rappels de vocabulaire : la force principale est la qualité que l’ennéatype apporte au monde. La tendance principale est l’émotion qui le tient sous son emprise, et sa compulsion est ce qu’il cherche à éviter.

Ennéatye 8 – Le chef

Force principale : le courage
Tendance principale : l’excès
Compulsion : la faiblesse
Ce qu’il veut : être reconnu pour sa force
Vertu : la simplicité

Construction du chef

Comme les types 1 et 9, le petit 8 a manqué de place pour exister ; il nourrit le besoin d’être accepté et vit dans la peur d’être négligé. 

Enfant, contrairement à l’épicurien qui a identifié le danger à l’intérieur de lui, le chef a compris que la menace était extérieure. Le monde est dangereux, et pour survivre, c’est la loi du plus fort. Parce qu’il a adopté une attitude d’affrontement, le chef est une personnalité courageuse et entière. Il possède une vision binaire du monde : c’est bien/c’est mal, tu es avec moi ou contre moi, ce qui en fait un être entier, généreux, parfois excessif. 

Indépendant et détaché, le 8 est un leader qui, déjà dans la cour de récréation, dirigeait son monde à la baguette.

Vivre avec un chef

Le chef est courageux et fait preuve d’un grand sang froid qui impressionne les autres et leur inspire un véritable respect. Mais ses relations humaines ne sont pas évidentes, puisqu’il perçoit la vie – et donc les gens – comme un combat. 

Il évite les faibles, qu’il méprise sans le vouloir, et peine à s’engager car il s’enferme toujours dans un rapport de force. Les relations d’un chef sont souvent orageuses. Vivre avec une telle personnalité est compliqué, et rassurant à la fois : il paraît sûr de lui et de ce qu’il fait, mais cherche toujours à contrôler ce qu’il se passe, à se positionner comme l’autorité de référence. Il impose des règles qu’il ne se gêne pas pour enfreindre, et peut parfois sembler inquisiteur et tyrannique. Assoiffé de franchise et d’authenticité, il déteste les détours, les niaiseries, le fayotage. Lorsqu’il donne son amitié, il est dévoué, loyal et fidèle, mais attention : inflexible, il ne laisse pas de deuxième chance et est vindicatif.

"Moi ? Trop dur ? C'est les autres qui sont faibles et susceptibles."
Tous les chefs
tout le temps

Mot-clé, mécanisme de défense, attention première et prise de décision d’un chef

Pour comprendre la logique d’un type 8, il faut savoir que son mot-clé est “contrôle”, puisqu’il veut “gagner” le combat qu’est la vie. Il faut s’aligner sur sa réalité pour s’entendre avec lui, le laisser penser qu’il maîtrise la situation ; il perdrait ses repères s’il sentait que tout lui échappait. C’est dans la lignée de son mécanisme de défense : le déni. Le 8 craint tellement de paraître faible qu’il fonce tête baissé, se fiant plus à son instinct qu’à la réalité objective et aux conséquences de ses actes. 

Qu’il soit ton collègue, ta moitié, l’un de tes parents ou un ami, quoi que vous fassiez, où que vous alliez, sache que son attention première se portera toujours sur ce qui menace sa capacité de contrôle. Égal à lui-même, prendre une décision est extrêmement naturel pour lui, il le fait très simplement.

"L'ennéagramme ne t'enferme pas dans une case. Il te montre la case dans laquelle tu es déjà pour t'aider à en sortir."
Ian Cron
The road back to you

Évolution d’un chef

Chaque type évolue selon trois humeurs : bonne (intégration), neutre et mauvaise (régression). Dans les bonnes et mauvaises phases, il intègre les qualités ou défauts d’un autre type.

Quand il va bien, qu’il est au top de lui-même en phase d’intégration, le chef fait preuve d’un courage héroïque grâce à sa grande maîtrise de lui-même. Confiant, c’est un leader né, protecteur et est admiré de tous. Il assimile les qualités du type 2 (altruiste).

En phase neutre, il est pilote automatique : entreprenant. Fort, le chef bascule facilement dans l’agressivité. Il bouscule les autres, peu lui importe s’ils se sentent mal à l’aise en sa présence. Il n’hésite pas à mépriser ouvertement leurs points de vue, qu’il juge peu acceptables, et se complaît dans ce sentiment de domination et d’intimidation. Combatif, il évolue dans un rapport de force constant.

Quand il va mal… Aie. Le chef peut vite devenir odieux : impitoyable, agressif, voire tyrannique. Excessif en tout, querelleur et orgueilleux, il assimile les défauts du type 5 (observateur).

De Gaulle & F.Sinatra, deux chefs

 Si l’un de tes proches est épicurien

…Tu as un roc dans ton entourage. Fiable et dévoué, le chef est plus doux et plus généreux qu’il n’en a l’air. Impressionnant par son aisance et sa directivité, il peut parfois déstabiliser, pousser à bout. Il faut beaucoup de patience pour partager le quotidien d’un 8, beaucoup d’abnégation. Car une apparence forte est primordial pour cet ennéatype, et pour qu’il soit épanoui, heureux, et donc en phase d’intégration, il doit penser qu’il est maître de la situation, qu’il contrôle ce qu’il se passe. Il faut donc lui laisser ce rôle, du moins en apparence. Parce qu’il voit la vie comme un rapport de force, il faut se préparer à une relation mouvementée et à beaucoup de concessions.

Chef, c’est pour toi

C’est le mot de la fin ! L’ennéagramme a un but très simple : nous aider à nous comprendre et nous apprivoiser. 

L’ennéagramme pointe quelques traits propres à ta personnalité de chef : la question de la force, de la combativité. Le savoir te permet, au quotidien, de prendre du recul sur toi-même et une situation qui peut soit te mettre mal à l’aise, soit créer une gêne chez les autres. Il te permet de relativiser ce que tu es et ce que tu fais : le monde n’est pas binaire, il est plein de nuances, et les individus aussi. Laisse-toi surprendre par la vie, mais surtout, par ceux qui t’entourent. Apprends à reléguer les responsabilités, désactive ton pilote automatique, celui qui fait de toi un maniaque du contrôle. Se reposer sur les autres fait parfois du bien. Tout n’est pas rapport de force, et ce que tu perçois comme de la faiblesse n’en est pas nécessairement. Laisse à tes proches le bénéfice du doute, continue d’être un rocher pour eux, mais accepte que parfois, eux aussi soient le tien.

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