Ennéatype 5 : l’Observateur

Celui qui aime la solitude

L’ennéagramme est un outil de psychologie qui s’intéresse aux motivations derrière nos comportements en répondant à la question «pourquoi je/il/elle agit comme ça ?». 

Il permet d’apprivoiser nos réactions, de comprendre et anticiper celles des autres.
Sa conviction ? Quel que soit le contexte socio-culturel, il n’existe que 9 types de personnalités, correspondant à neuf peurs humaines fondamentales. Chaque personnalité se construit autour de l’une de ces peurs, appelée “compulsion”.

Quelques rappels de vocabulaire : la force principale est la qualité que l’ennéatype apporte au monde. La tendance principale est l’émotion qui le tient sous son emprise, et sa compulsion est ce qu’il cherche à éviter.

Ennéatye 5 – L’observateur

Force principale : la connaissance
Tendance principale : l’avarice
Compulsion : l’intrusion
Ce qu’il veut : être reconnu pour ce qu’il sait
Vertu : le détachement

Construction de l’observateur

Comme les types 6 et 7, le petit 5 a manqué de cadre fiable ; il nourrit le besoin d’être rassuré et vit dans la peur du chaos, de l’inconnu. 

Enfant, il a trouvé ses parents trop intrusifs ou trop détachés ; dans les deux cas, il a identifié un problème à l’extérieur de lui, ce qui l’a conduit à faire du “pourquoi ?” la question centrale de sa vie. Car pour solutionner les problèmes extérieurs avec son mental, l’observateur pense qu’il lui faut comprendre le monde, alors il passe son temps à se l’expliquer sans s’y impliquer. Une sorte de scientifique qui fait une expérience grandeur nature. Il cumule les connaissances, se positionne souvent comme expert dans un domaine particulier. Élève brillant, l’observateur a quelques bons amis, mais pas beaucoup : son énergie sociale est imitée, et plus il y a de gens autour de lui, plus il craint d’être envahi.

Vivre avec un observateur

L’observateur est distant, c’est sa façon de se protéger. Son intimité est primordiale et pour vivre avec lui, il est indispensable de respecter ce besoin d’isolement. Dans ces moments où il est seul, il recharge ses batteries, prend soin de lui, se rassure, soigne les blessures de sa vie. 

Mais trouver le bon équilibre est difficile ! Car ce besoin d’isolement co-existe avec le souhait que l’on s’intéresse à lui. Ainsi, pour s’accorder au 5, il faut  beaucoup dialoguer et trouver le bon fonctionnement. 

Ses relations sont authentiques et sincères, il privilégie les échanges clairs, les relations transparentes : un observateur veut toujours savoir avec précision ce qui est attendu de lui, et inversement. Il est sélectif et favorise les choses qui enrichissent sa vie intellectuelle, tant dans sa vie professionnelle que personnelle, ce qui lui donne l’air indifférent. 

Il semble vivre dans une tour d’ivoire : une partie de lui reste insaisissable quoi qu’on fasse.

"Bien sûr que j'aime m'amuser. Seul. Chez moi."
Tous les observateurs
tout le temps

Mot-clé, mécanisme de défense, attention première et prise de décision d’un observateur

Pour comprendre la logique d’un type 5, il faut savoir que ses mots-clé sont “passé” et “retrait” : il aime cumuler les connaissances – qui appartiennent toujours à un passé, même proche – et a vicéralement besoin de temps pour lui-même. C’est dans la lignée de son mécanisme de défense : l’isolement. L’observateur a besoin d’être loin des autres pour se préserver et acquérir les connaissances qui lui permettront de leur faire face lorsqu’il les retrouvera. 

Qu’il soit ton collègue, ta moitié, l’un de tes parents ou un ami, quoi que vous fassiez, où que vous alliez, sache que son attention première se portera toujours sur le moyen le plus simple de rester en retrait, le temps d’analyser son environnement. Égal à lui-même, prendre une décision est une affaire sérieuse qui nécessite d’abord une prise de recul et une orientation basée sur des connaissances empiriques.

"L'ennéagramme ne t'enferme pas dans une case. Il te montre la case dans laquelle tu es déjà pour t'aider à en sortir."
Ian Cron
The road back to you

Évolution d’un observateur 

Chaque type évolue selon trois humeurs : bonne (intégration), neutre et mauvaise (régression). Dans les bonnes et mauvaises phases, il intègre les qualités ou défauts d’un autre type. 

Quand il va bien, qu’il est au top de lui-même en phase d’intégration, l’observateur est très perspicace et compréhensif. Il développe une grande intuition et une bonne intelligence sociale. Il met toutes ses connaissances en pratique ce qui améliore ses relations humaines. Crédible, on lui attribue souvent le rôle d’expert ; il devient alors visionnaire, car il fait l’expérience du monde au lieu de se contenter d’un apprentissage empirique. Il assimile les qualités du type 8 (chef)

En phase neutre, il est en pilote automatique : indépendant. Ne comptant que sur lui et ses connaissances, il analyse tout, en permanence, et est perçu comme l’intellectuel de service. Dépendant de ce qu’il a lu ou appris, il est souvent figé dans des positions doctrinales et se désintéresse des autres. Il catégorise tout, range les gens et les choses dans des boîtes mentales. 

Quand il va mal… Aie. Stressé, il manque d’assurance et se noie dans tout ce qu’il peut apprendre. Fermé au monde réel et aux autres, il devient cynique, procédurier, querelleur…bref, une bien mauvaise compagnie que celle de l’observateur déprimé. Il assimile les défauts du type 7 (épicurien).

Freud et Einstein, deux observateurs

 Si l’un de tes proches est observateur

…Tu as un proche loyal et dévoué, mais avec qui tu dois apprendre à fonctionner. L’observateur craint d’être envahi, pris par surprise. Vivre en société lui demande un réel effort, qu’il est capable de fournir, mais qui reste limité. Il possède une sorte de batterie sociale qui se décharge au contact des autres, qui lui font perdre son énergie vitale. Il ne faut donc rien y voir de personnel lorsqu’un observateur s’isole, sans parfois l’expliquer. 

Ses conseils sont précieux, car son avis est objectif et logique, mais parfois dur à recevoir, car toujours très bruts et dans certains cas, peu nuancés. N’oublie pas que l’observateur analyse le monde plus qu’il ne l’expérimente, et les complexités liées aux émotions ou cas particuliers lui sont parfois étrangères. Sois patient, et surtout, respectueux de son intimité. L’observateur s’ouvre avec le temps, mais une part de lui restera toujours insaisissable, une réalité qu’il te faut accepter pour être en paix dans votre relation.

Observateur, c’est pour toi

C’est le mot de la fin ! L’ennéagramme a un but très simple : nous aider à nous comprendre et nous apprivoiser.

L’ennéagramme pointe quelques traits propres à ta personnalité d’observateur : la question du pourquoi, l’inconfort social. Le savoir te permet, au quotidien, de prendre du recul sur toi-même et une situation qui peut soit te mettre mal à l’aise, soit créer une gêne chez les autres. Il te permet de relativiser ce que tu es et ce que tu fais : tu n’es pas ce que tu sais, et tes connaissances n’évinceront ni peur, ni danger. La vie s’expérimente plus qu’elle ne s’apprend. Tu dois découvrir que les autres sont la meilleure source d’apprentissage qu’il soit : chaque personne rencontrée a quelque chose à t’apporter. De ton côté, tu as aussi d’autres choses à donner que ces savoirs que tu as acquis : ta présence, grâce à laquelle tu peux partager des moments de qualité qui enrichissent ta banque de souvenirs.

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