L’ennéagramme : les 9 personnalités

À la découverte de soi et des autres

L’ennéagramme est un mot qui a l’air compliqué, mais il ne faut jamais se laisser intimider par les mots. Traduit littéralement, il veut dire « neuf figures » en référence à son idée de base : peu importe le contexte socio-culturel ou l’éducation, il n’existe que 9 types de personnalités universelles. C’est un outil de psychologie unique, puisque contrairement aux autres, il s’intéresse aux motivations derrière nos comportements. En bref, il permet de répondre à cette question : « Pourquoi je/il/elle agit comme ça ? » Je l’ai découvert il y a cinq ans environ : c’est l’outil le plus efficace, le plus pertinent, et le plus juste que j’ai eu l’occasion de travailler. Il permet de découvrir comment s’est construit une personnalité, de comprendre les comportements présents d’un individu et de les anticiper pour s’adapter. Son efficacité est multiple, elle s’étend à toutes les relations humaines : vie amoureuse, amicale, professionnelle, etc. Quand je le présente vaguement, les gens sont d’abord septiques « la nature humaine est plus compliquée que ça (…) c’est impossible de ranger les gens dans 9 cases. » Mais j’entre dans les détails, et leur curiosité s’éveille ; ils constatent qu’on est bien loin d’un horoscope où chacun s’approprie ce qu’il veut des prévisions. L’ennéagramme décrit bien 9 personnalités totalement distinctes : c’est suffisamment précis pour se reconnaître soi et son entourage, tout en étant assez large pour comprendre que chaque type s’exprime librement. Une personnalité n’empêche pas l’individualité.

C’est donc ce que je vais faire aujourd’hui : présenter, en détail cet outil formidable qu’est l’ennéagramme.

Comprendre l'ennéagramme

Origines de l’outil

À vrai dire, on ne sait pas trop d’où vient l’ennéagramme. Certains disent qu’il date de Pythagore mais aucune certitude là-dessus, alors les spécialistes se sont mis d’accord pour le fixer au VIIe siècle. Mais découvert avant J-C ou bien après, une chose est sûre : l’ennéagramme a prouvé être la méthode de connaissance de soi et des autres la plus ancienne qui existe.

Comment fonctionne l’ennéagramme ?

Les 9 personnalités n’ont pas été définies par hasard. En fait, elles sont le fruit d’une théorie de base : chaque être humain cherche à tout prix à éviter quelque chose – ce qu’on appelle une compulsion. En réponse à cette compulsion, chacun développe des mécanismes inconscients, et se crée ainsi une personnalité.

Il existe 9 compulsions

1. La colère

2. Le rejet

3. L’échec

4. La banalité

5. Le vide intérieur et l’intrusion

6. La déviance

7. La souffrance, l’enfermement

8. La faiblesse

9. Le conflit

…et donc 9 personnalités correspondantes

1. Le perfectionniste


2. L’altruiste


3. Le battant


4. Le romantique


5. L’observateur


6. Le loyal


7. L’épicurien


8. Le chef


9. Le médiateur

"L'ennéagramme ne t'enferme pas dans une case. Il te montre la case dans laquelle tu es déjà pour t'aider à en sortir."
Ian Cron
The road back to you

Construction d’une personnalité 

Première chose à savoir : notre « nous » originel n’est pas notre personnalité. La personnalité, c’est l’identité sociale qu’on s’est créée pour s’adapter à notre environnement. C’est ce qu’on appelle le « Moi », ou « l’ego ». En fait, enfants, nous sommes parfaitement nous : c’est notre essence. Par défaut, on fait confiance aux autres et à notre environnement (ah, l’innocence !). Mais un jour, on grandit, et ce faisant, on perçoit une menace – réelle ou imaginaire – principalement liée à l’amour de nos parents. Cette menace exerce une vraie pression sur nous, si bien qu’elle nous fait dévier de notre essence – ce que nous sommes profondément- vers un personnage fabriqué : notre ego. Face à ce « Moi » en création, notre entourage réagit : soit il nous récompense, soit il nous punit (indifférence), et très vite, l’enfant que nous sommes associe ces réactions à ce qui est attendu de lui.
C’est également valable par le mécanisme d’identification, le principe du modèle, du héros. L’entourage donne à l’enfant une image à laquelle ressembler « Oh regarde ton cousin/ton frère/le fils de/comme il est génial ! » (on a tous connu ça) et il procède par mimétisme jusqu’à adopter des comportements similaires.

Un exemple : construction d’une personnalité altruiste

L’altruiste est le type numéro deux. C’est la Mère Thérésa, ou le stéréotype de la maman juive : la personnalité pleine d’amour, très (trop) gentille, quitte à parfois être envahissante.
Comme tout un chacun, petit, le futur 2 était en fusion avec sa mère. Mais il a grandi, et la séparation s’est opérée. Premier coup dur. Dans la foulée, un petit frère est né : à la séparation, s’est ajouté le sentiment d’être remplacé – c’est la menace imaginaire. Alors, pour conserver l’amour maternel, il s’est mis à chercher des solutions. Sa mère a été réceptive à son aide, le couvrant d’encouragements. C’est ainsi que le petit a eu le sentiment de se faire une place, d’être indispensable. Parce qu’il s’est dit que le seul moyen d’être toujours aimé était d’aider les autres, il intégré tous les comportements allant dans ce sens comme des habitudes.
Et voici comme le petit est devenu altruiste : en fuyant la peur d’être rejeté.

Simone Veil & Mère Thérésa, deux personnalités altruistes

Utiliser l'ennéagramme

L’apport concret de l’ennéagramme


Les mots façonnent la pensée. Quand on met les bons mots sur ce qu’on vit, c’est beaucoup plus simple d’apprivoiser la réalité. Une fois qu’on a compris à quel type on appartient, on comprend mieux nos réactions ; on a plus conscience de nos forces, qu’on peut valoriser et cultiver, mais également de nos faiblesses, de nos limites, et là, on peut cibler le travail sur soi-même.


Je suis un type 4, une romantique. Quand j’ai découvert l’ennéagramme, je me suis dit que c’était le type le plus compliqué des 9 et que les autres étaient bien plus cools ; mais j’ai aussi découvert que c’était le propre de ce type de toujours trouver l’herbe plus verte ailleurs. Aujourd’hui, je sais que c’est quelque chose de relatif à ma construction : j’ai tendance à me concentrer sur ce qu’il manque, à voir le verre à moitié vide. Alors quand quelque chose me préoccupe, que je suis négative ou peinée parce que je ressens un quelconque manque, je peux relativiser, car je sais objectivement que le manque n’est pas réel, mais que je le crée et/ou l’amplifie. Je sais également que mon type est celui de la créativité, et j’ose mieux partager les idées qu’avant je préférais garder.
J’ai également remarqué que je m’entourais spontanément d’observateurs (type 5) ; mon type et le leur ont en commun la recherche de l’authenticité, l’amour des choses profondes. Je sais toutefois que leur compulsion est la peur de l’intrusion, et que souvent, sorti de nulle part, ils se coupent du monde. Ils ont besoin de temps pour eux seul, et à présent, je sais respecter ce besoin sans le prendre personnellement. J’ai également noté que je m’entendais bien avec les épicuriens (type 7), car ils ont la légèreté que j’admire, et j’ai l’authenticité dont ils ont besoin. Si avant, certaines personnes me mettaient mal à l’aise, je sais aujourd’hui que c’est parce qu’elles sont chefs (type 8) : très autoritaires, cherchant toujours à paraître fortes. Inconsciemment, je sentais qu’elles pouvaient mépriser mon côté trop émotionnel, propre à mon type, qu’elles pouvaient percevoir comme de la faiblesse. J’ai ainsi appris à m’adapter, à privilégier la raison à l’émotion lorsque je suis en leur présence, et, surtout, à leur laisser toujours le sentiment qu’elles contrôlent la situation, car c’est ainsi qu’elles se sentent bien et sont productives.


Ce qu’il faut savoir sur l’ennéagramme


La première, c’est que chaque être humain appartient fondamentalement à un type. Parfois, on peut reconnaître des traits de notre personnalité dans d’autres, car tous les types sont liés. En fonction de nos évolutions et régressions, on tend vers l’un ou l’autre. Mais notre personnalité ne correspond qu’à un seul type ; j’explique plus bas comment le reconnaître.
La seconde, c’est que l’Homme est une réalité complexe ; évidemment, une personne est plus que son numéro d’ennéagramme, et il n’y a pas de fatalité. Appartenir à l’un des neuf ne nous condamne pas à en subir tous les aspects négatifs. Toute la richesse de l’outil est d’identifier ces aspects pour pouvoir les apprivoiser.
La dernière, c’est qu’il n’y a pas de type meilleur qu’un autre. Nous sommes tous différents, et ce qui nous différencie, c’est l’ordre dans lequel nos qualités et défauts prédominent. C’est pour cette raison que les types sont neutres. C’est possible de lire une description et de se dire que ce type à l’air très chiant. Mais il ne faut pas oublier que tous ont des défauts, mais également les qualités miroirs qui vont avec ! 

Test ennéagramme : trouver son type

Les tests pour trouver son type pullulent sur le net, mais définir une personnalité est bien plus complexe que quelques questions. Évidemment, c’est possible de se faire une idée globale, mais rien ne vaut une bonne analyse humaine. Alors avant de livrer quelques clés pour définir un type, voici un aperçu général de chacun.

Les 9 personnalités de l’ennéagramme. 

Retrouve les descriptions complètes de chaque type ici : 

Comment reconnaître ennéatype ?

Se reconnaître n’est pas si compliqué, sauf pour un type 3, 6 ou 9. Voici quelques conseils utiles pour identifier son type.  

Ah, j’oubliais ! Une petite mise en garde en ce qui concerne le type des autres. Il faut agir avec précaution. Oui, c’est possible de trouver l’appartenance d’une tierce personne, mais il est très facile de se tromper, car plusieurs biais entrent en compte (la personne ne se comporte pas de la même façon avec nous, avec les autres et dans son intimité, nous avons déjà une opinion sur elle, etc.) Il faut donc faire preuve de beaucoup d’objectivité et regarder la personne dans sa globalité. 

1. Procéder par élimination si l’appartenance n’est pas évidente.

Ça marche à tous les coups. Au pire, il y a une hésitation entre deux types. La façon dont on s’exprime est très révélatrice de notre ennéatype ; dans le discours de quelqu’un, on peut déceler sa peur ou ses motivations. Le type 1, par exemple, corrige, exhorte. L’épicurien (type 7) parle souvent en anecdotes, le type 4 (romantique) aime les belles phrases mélodieuses, se lamente souvent et place beaucoup les sentiments et ressentis au coeur de son discours. Quant au 9, médiateur, il cherche souvent le compromis, se fait l’avocat du diable, utlise souvent des tournures comme “oui, mais d’un autre côté…”, “oui, mais en même temps…”.

2. Écouter comment les autres nous décrivent.
Quand on parle de soi, c’est toujours compliqué. On a du mal à prendre du recul sur soi-même, or, il en faut pour pouvoir découvrir son type. Ce que les autres disent de nous est une aide précieuse.

3. Prendre en compte l’ensemble d’une vie et pas seulement la période actuelle.
Parfois, je suis plus extravertie donc plus dirigiste, ce qui ne fait pas de moi un chef pour autant. Appartenir à un ennéatype n’est pas l’affaire d’un moment T, c’est quelque chose qui nous caractérise ad vitam æternam.
Il faut accepter de relire sa vie, les blessures qu’elle comporte, c’est enrichissant, mais parfois désagréable.

Alors, quel est ton type ?
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