L’ennéagramme : les 9 personnalités

À la découverte de soi et des autres

Traduit littéralement, “énnagramme” veut dire « neuf figures » en référence à son idée de base : peu importe le contexte socio-culturel ou l’éducation, il n’existe que 9 types de personnalités universelles. Cet outil de psychologie est unique, puisque contrairement aux autres, il s’intéresse aux motivations derrière nos comportements. En bref, il  répond à cette question : « Pourquoi je/il/elle agit comme ça ? »  et permet de découvrir comment s’est construit une personnalité, d’en comprendre les comportements présents et de les anticiper pour s’y adapter. 

L’énneagramme couvre l’ensemble des relations humaines : vie amoureuse, amicale, professionnelle, etc. Certains lui objectent que « la nature humaine est plus compliquée que ça (…) il est impossible de ranger les gens dans 9 cases. » Mais une présentation de l’outil démontre qu’il est bien loin d’un horoscope où chacun s’approprie ce qu’il veut des prévisions ; de fait, il décrit bien 9 personnalités totalement distinctes. Il est suffisamment précis pour permettre à chacun de s’y reconnaître, tout en étant suffisamment général pour comprendre que chaque type s’exprime librement ; un ennéatype ne contraint pas l’individualité.

Comprendre l'ennéagramme

Origines de l’outil

À vrai dire, on ne sait pas vraiment d’où vient l’ennéagramme. Certains disent qu’il date de Pythagore d’autres évoquent un moine du VIIe siècle ; c’est sa date qu’on retenu les spécialistes. Quoiqu’il en soit, découvert avant J-C ou bien après, une chose est certaine : l’ennéagramme est la méthode de connaissance de soi et des autres la plus ancienne qui existe.

Comment fonctionne l’ennéagramme ?

Les 9 personnalités n’ont pas été définies par hasard : elles sont le fruit d’une théorie de base, voulant que chaque être humain, mû par la quête du bien, et donc l’Amour, cherche à tout prix à éviter ce qu’il a identifié comme une menace à cette quête – ce qu’on appelle une compulsion. C’est la réponse à cette compulsion qui pousse chacun à développer des mécanismes inconscients constituant sa personnalité.

Il existe 9 compulsions

1. La colère

2. Le rejet

3. L’échec

4. La banalité

5. Le vide intérieur et l’intrusion

6. La déviance

7. La souffrance, l’enfermement

8. La faiblesse

9. Le conflit

…et donc 9 personnalités correspondantes

1. Le perfectionniste


2. L’altruiste


3. Le battant


4. Le romantique


5. L’observateur


6. Le loyal


7. L’épicurien


8. Le chef


9. Le médiateur

"L'ennéagramme ne t'enferme pas dans une case. Il te montre la case dans laquelle tu es déjà pour t'aider à en sortir."
Ian Cron
The road back to you

Construction d’une personnalité 

Il faut savoir que notre « nous » originel se distingue de notre personnalité. 

La personnalité est l’identité sociale qu’on s’est créée pour s’adapter à notre environnement, on l’appelle le « Moi », ou « l’ego ». Enfants, nous sommes parfaitement nous : c’est notre essence. Par défaut, nous faisons confiance aux autres et à notre environnement Mais le temps passe, la raison se modèle, et c’est alors que l’on perçoit une menace – réelle ou imaginaire – essentiellement liée à l’amour de nos parents. Cette menace exerce une pression considérable sur nous, si bien qu’elle nous fait dévier de notre essence – ce que nous sommes profondément – vers un personnage fabriqué : notre ego. 

Face à ce « Moi » en création, notre entourage réagit,  il nous récompense ou nous punit (indifférence). Très vite, l’enfant que nous sommes associe ces réactions à ce qui est attendu de lui.
Il en va de même pour le mécanisme d’identification, le principe du modèle, du héros : l’entourage donne à l’enfant une image à laquelle ressembler « Oh regarde ton cousin/ton frère/le fils de/comme il est génial ! »  l’engageant alors par adopter un mimétisme comportemental. 

Un exemple : construction d’une personnalité altruiste

L’altruiste est le type numéro deux, les spécialistes s’y réfèrent comme le stéréotype de la mère juive : la personnalité pleine d’amour,  (trop) gentille, quitte à devenir envahissante.

Comme tout un chacun, petit, le futur 2 était en fusion avec sa mère. Les choses suivant leur cours, la séparation s’est opérée. Premier coup dur. Dans la foulée, un petit frère est né : à la séparation s’est ajouté le sentiment d’être remplacé – c’est la menace imaginaire. Pour conserver l’amour maternel, le futur 2 a cherché des solutions. Parmi elles, c’est à son aide, aux services rendus, que la mère s’est montrée le plus réceptive, donnant à l’enfant le sentiment de se faire une place unique, d’être indispensable. Convaincu que c’était là le seul moyen d’être toujours aimé des autres, il a intégré tous les comportements allant dans le sens du service comme des habitudes.

Et voici comme le petit est devenu altruiste : en fuyant la peur d’être rejeté

Utiliser l'ennéagramme

L’apport concret de l’ennéagramme


Les mots façonnent la pensée. Mettre les bons mots sur ce qu’on vit, permet d’apprivoiser la réalité. Une fois que l’on comprend à quel type on appartient, on maîtrise mieux nos réactions ; on conscientise mieux nos forces, qu’on peut valoriser et cultiver, mais également de nos faiblesses, nos limites, de sorte que l’on peut cibler le travail sur soi-même.


Je suis un type 4, une romantique. Quand j’ai découvert l’ennéagramme, je me suis dit que c’était le type le plus compliqué des 9 et que les autres étaient bien plus sympas ; mais j’ai aussi découvert que c’était le propre de ce type de toujours trouver l’herbe plus verte ailleurs. Aujourd’hui, je sais que c’est quelque chose de relatif à ma construction : j’ai tendance à me concentrer sur ce qu’il manque, à voir le verre à moitié vide. Alors quand quelque chose me préoccupe, que je suis négative ou peinée parce que je ressens un quelconque manque, je peux relativiser, car je sais objectivement que le manque n’est pas réel, mais que je le crée et/ou l’amplifie. Je sais également que mon type est celui de la créativité, et j’ose mieux partager les idées qu’avant je préférais garder. 
J’ai également remarqué que je m’entourais spontanément d’observateurs (type 5) ; mon type et le leur ont en commun la recherche de l’authenticité, l’amour des choses profondes. Je sais toutefois que leur compulsion est la peur de l’intrusion, et que souvent, sorti de nulle part, ils se coupent du monde. Ils ont besoin de temps pour eux seul, et à présent, je sais respecter ce besoin sans le prendre personnellement. J’ai également noté que je m’entendais bien avec les épicuriens (type 7), car ils ont la légèreté que j’admire, et j’ai l’authenticité dont ils ont besoin. 

Ce qu’il faut savoir sur l’ennéagramme


Chaque être humain appartient fondamentalement à un seul et unique type. S’il est possible de reconnaître des traits de notre personnalité dans d’autres, c’est que tous sont liés, et que nous tendons vers l’un ou l’autre au gré de nos évolutions et régressions. 


Aussi, l’homme est une réalité complexe ; il est évident qu’une personne est plus que son ennéatype, et il n’y a pas de fatalité. Il s’agit avant tout d’un outil valorisant neuf grands axesAucun n’est supérieur aux autres en valeurs.  

Nous sommes tous différents. Ce qui nous différencie est l’ordre dans lequel nos qualités et défauts prédominent, la manières dont nous les apprivoisons. C’est ainsi que les ennéatypes sont neutres. 

Test ennéagramme : trouver son type

Les tests pour trouver son type pullulent sur le net, mais rien ne vaut une bonne analyse humaine. 

Alors avant de livrer quelques clés pour définir un type, voici un aperçu général de chacun.

Les 9 personnalités de l’ennéagramme. 

Retrouve les descriptions complètes de chaque type ici : 

Comment reconnaître ennéatype ?

Se reconnaître n’est pas si compliqué, sauf pour un type 3, 6 ou 9. 

Voici quelques conseils utiles pour identifier son type.  

1. Procéder par élimination si l’appartenance n’est pas évidente.

Ça marche à tous les coups.  Noter aussi que la façon dont on s’exprime est très révélatrice de notre ennéatype ; dans le discours de quelqu’un, on peut déceler sa peur ou ses motivations. Le type 1, par exemple, corrige, exhorte. L’épicurien (type 7) parle souvent en anecdotes, le type 4 (romantique) aime les belles phrases mélodieuses, se lamente souvent et place beaucoup les sentiments et ressentis au coeur de son discours. Quant au 9, médiateur, il cherche souvent le compromis, se fait l’avocat du diable, utilise souvent des tournures comme “oui, mais d’un autre côté…”, “oui, mais en même temps…”.

2. Écouter comment les autres nous décrivent.
Il est toujours compliqué de prendre du recul sur soi-même. Or, il en faut pour pouvoir découvrir son type. Ce que les autres disent de nous est donc une aide précieuse.

3. Prendre en compte l’ensemble d’une vie et pas seulement la période actuelle.
Appartenir à un ennéatype n’est pas l’affaire d’un moment T ; il convient donc de tenir compte de son comportement au global.

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