Choisir la bonne personnes : 4 piliers indispensables

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Il y a peu, j’expliquais que le sentiment amoureux et l’amour étaient distincts. Le premier est une étape et une composante de l’autre.

“Il y a forcément du sentiment amoureux dans l’Amour, mais pas toujours d’amour dans le sentiment amoureux.”

On reformule : nous sommes des êtres d’émotions et de raison.
Les émotions produisent le sentiment.
La raison produit le choix.

Donc il faut forcément du sentiment amoureux dans l’Amour, de l’émotion dans la raison, mais le sentiment amoureux n’est pas l’amour. Et, si l’émotion est laissée seule, sans lien à la raison, c’est la catastrophe ! Car si on considère que le sentiment amoureux est l’Amour, et qu’il se suffit donc à lui-même, alors on pensera que c’est l’intensité du sentiment qui détermine si oui ou non notre choix est le bon.

“Plus je ressens fort, plus j’aime, et si j’aime, alors c’est la bonne personne.”

C’est ainsi que certains se retrouvent dans des histoires compliquées, nocives, mauvaises pour eux-mêmes : parce qu’ils ont laissé leur sentiment les déposséder d’un choix qui, par définition, se fonde sur la raison.
Puisque l’amour n’est pas qu’un sentiment, mais d’abord un choix, ce sont les critères de choix qui doivent encadrer le couple.
En d’autres mots : le bon partenaire n’est pas choisi avec les sentiments seulement, mais aussi avec – et d’abord – avec sa raison.
Dans mon ebook, Le petit guide du grand Amour, je consacre un chapitre entier au choix du partenaire. Un chapitre dense, mais dans lequel je présente ce qui, selon moi, constitue les fondamentaux du choix, les 4 piliers.

Pourquoi est-ce important de choisir son partenaire ?

Dans l’expression populaire, on parle de “l’élu de notre cœur”. Parce que “élire” signifie bien “choisir”, il faut tenir compte de critères indispensables qui légitiment ce choix, le justifient. Je les ai résumés à quatre ; ils sont, selon moi, indispensables et non- négociables ; au-delà de tout caprice, ou de tout jugement superficiel ou égoïste, ils sont l’ADN d’un couple qui fonctionne.

Notre impatience et nos craintes face à l’avenir, notre désenchantement face au peu de personnes capables d’y répondre pourrait nous pousser à baisser nos exigences. Mais les réviser est une chose à éviter car, tôt ou tard, ces critères importants pour nous, sur lesquels nous aurons fait l’impasse, viendront troubler notre couple : si nous enlevons l’un des piliers, l’édifice, un jour, s’effondrera.

Insistons, vraiment.
Lorsqu’on aime une personne, qu’on choisit quelqu’un pour lui consacrer cette part de notre vie, à elle, rien qu’à elle, il ne faut pas s’arrêter à l’euphorie, à la passion, aux papillons dans le ventre. Tout ça est bien beau, certes, mais la vie d’un couple ne se résumera jamais qu’à ça. On ne construit pas un duo solide sur des fondations aussi instables et changeantes qu’un mix d’émotions.
La vie à deux est faite de joies profondes, mais aussi de grandes difficultés que seul l’Amour permet de surmonter, car il ne vient pas que du cœur, mais aussi de la tête. Et dans les moments de doutes, dans les aléas, dans les tourbillons de la vie, les réponses que l’on cherchera ne se situeront pas dans ces émotions, mais dans les critères palpables, dans les faits solides qui, un jour, nous auront fait savoir -et non plus seulement sentir- que cette personne était bonne pour nous, et nous pour elle.

 Pilier 1 |La connexion intellectuelle

Ce n’est pas un hasard si la connexion physique suit l’intellectuelle : aucun sourire charmeur, pas un seul corps agréable à regarder, pas une étreinte passionnée, absolument rien ne mérite que nous nous retrouvions un matin à partager la vie de quelqu’un à qui nous n’avons rien à dire. Le couple s’alimente de ce que chacun est et vit ; il se nourrit de la mise en commun de ces individualités. Il survit par les souvenirs communs, les moments de qualité vécus, les secrets racontés. Être en couple, c’est ouvrir son univers à l’autre et entrer dans le sien ; ce n’est pas la fusion des personnes, mais le mélange de deux mondes qui en forment un nouveau.
Il est donc indispensable qu’il y ait une connexion de l’esprit : des centres d’intérêts communs, un humour compatible, une vivacité similaire, une façon de réfléchir semblable ; les intellects doivent se stimuler l’un l’autre.

 Pilier 2 | L’entourage

L’entourage de l’autre est souvent laissé de côté lorsque l’on embarque dans une histoire, et ce pour plusieurs raisons, l’une d’elle étant pratico-pratique : on ne rencontre pas toute la famille avant que l’engagement émotionnel soit déjà bien ancré. Toutefois, connaître cet entourage est essentiel.

Tout d’abord, les personnes que nous fréquentons en disent long sur qui nous sommes.

L’adage “Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es” est on ne peut plus vrai. Notre famille donne une idée de la façon dont nous nous sommes construits, les rapports que nous entretenons avec elle également. Nos amis incarnent nos choix, et certains aspects de nous-mêmes, car nous créons des liens intimes avec les personnes qui nous ressemblent sur les choses essentielles, nos valeurs. Les activités que nous menons avec eux, la fréquence à laquelle nous les voyons, la manière dont nous parlons d’eux, notre implication dans la relation et caetera sont autant d’informations qui donnent des indices sur notre être profond.

Connaître la famille et les amis de son partenaire avant un grand engagement, c’est se faire une idée de qui il a été, de qui il est, et de ce qu’il pourrait devenir.
De plus, lorsque l’on s’engage dans une histoire avec quelqu’un, ce n’est pas seulement lui que l’on choisit, mais tout le package familial et amical. Si ces questions importent peu pour une relation court terme, quand c’est l’Amour d’une vie que l’on cherche, ce paramètre est crucial. J’expliquais que le couple est le mélange de deux mondes ; c’est aussi le mélange de deux familles. La mère de chéri(e) deviendra la belle-mère. Elle sera là à Noël et aux anniversaires ; il y aura les mariages, les enterrements, les réunions, les coups de fil, les indiscrétions. Evidemment, il ne s’agit pas de mettre un terme à une histoire parce que le feeling avec belle-maman ne passe pas, mais il s’agit de prendre vraiment conscience, de faire le choix éclairé de la difficulté que ça posera, inévitablement. 
Connaître l’entourage, c’est prendre conscience du poids du patrimoine familial, l’histoire d’une “tribu”. 

Et choisir quelqu’un, c’est aussi choisir ceux qu’il aime déjà. Parfois, c’est à prendre ou à laisser, et il faut en avoir conscience pour savoir dans quoi l’on s’embarque.

 Pilier 3 | La lucidité

Ce pilier comporte deux axes majeurs, qui, en réalité, se rejoignent.

Le premier concerne la relation.
Avant de s’engager outre-mesure, il convient d’envisager la relation avec le plus de réalisme possible, d’éviter d’entretenir le fantasme de ce qu’on aimerait qu’elle soit en surinterprétant les réalités qui ne nous conviennent pas. En d’autres mots : ne pas accepter les attitudes inacceptables, ne pas justifier les comportements injustifiables. Si, un jour, le comportement de l’autre nous met mal à l’aise ou nous semble questionnable, il ne faut pas chercher à l’interpréter dans le sens que l’on aimerait qu’il ait.

Il/elle nous a fait faux-bond plusieurs fois ? L’erreur est humaine, une fois, d’accord. Plusieurs fois, c’est une habitude. La réalité ?
La fiabilité de cette personne est questionnable.
Il/elle a été infidèle ou violent ? Ne lui cherchons pas d’excuses : non, le refus de consommer l’acte sexuel et un comportement quelconque ne justifient pas de tels actes.
La réalité ? Cette personne présente des signes de toxicité.

Le deuxième point concernant donc la personnalité même de l’autre, et l’illusion qu’il puisse changer.
Nous pouvons évoluer en travaillant sur nos défauts, développant nos qualités et compétences. Nous pouvons aussi régresser en accentuant nos vices et en étouffant nos vertus.
Mais voici une chose que la réalité nous prouve d’après l’expérience que nous en avons tous faite : nous restons, fondamentalement, les mêmes personnes. Les variations que notre personnalité rencontre reposent soit sur la sublimation de ce que nous sommes et avons toujours été, soit sur sa dégradation.
En bref, une base fixe qui tend soit vers un extrême, soit vers l’autre ; l’arbre peut déployer un magnifique feuillage ou se retrouver nu comme un ver, s’adapter à son environnement, mais le tronc reste le même et toutes ses variations en dépendent. C’est pourquoi le changement tel que nous l’espérons, c’est-à-dire, une transformation radicale de la personnalité levant tous les obstacles jusqu’alors rencontrés, est extrêmement rare.
Il y a, certes, des expériences de vie qui parfois provoquent de telles mutations (face à face avec la mort, deuils, conversions religieuses, maladies, …) mais nous conviendrons que parier que l’une d’elles se produise, provoquant une transformation intérieure, est risqué. En ça, donc, l’espoir que l’autre change est une illusion ; il évoluera – peut-être. Peut-être aussi régressera-t-il.
Mais il restera fondamentalement la même personne
Ainsi, quand les signaux d’alarme se déclenchent, ou quand cette personne avec qui l’on commence une histoire présente des défauts que l’on ne supporte pas, ou une absence de qualités qui nous sont chères, il ne faut pas se reposer sur un hypothétique changement pour contourner le problème. Soit nous acceptons l’autre tel qu’il est en se disant que la probabilité la plus sûre est qu’il restera ainsi, soit nous choisissons quelqu’un d’autre, qui correspond mieux (et déjà) à ce que nous souhaitons

 Pilier 4 | La compatibilité des valeurs

Nos valeurs constituent le fondement de notre identité ; nous sommes nos convictions et la façon dont nous les incarnons. Elles motivent nos choix, orientent nos décisions. Elles sont notre patrimoine ; ce sont elles que nous cherchons à transmettre à nos enfants. Elles sont la part de nous que nous offrons au monde, l’héritage que nous voulons lui laisser, dimension la plus stable de notre personnalité.
Pour cette raison, il est inenvisageable de se projeter à long terme avec quelqu’un dont les valeurs ne sont pas communes aux nôtres, pire encore, qui leur sont opposées. Ces valeurs, essentiellement inculquées et exprimées par la religion, l’opinion politique, le milieu social ou l’héritage socio-culturel, constituent souvent le seuil d’acceptation, le point non-négociable entre les parties ; et tout “l’amour du monde” n’y change rien.
L’Amour suffit uniquement lorsqu’il dure ; et l’Amour ne dure que lorsqu’il est entretenu quotidiennement, que lorsque l’admiration mutuelle prévaut sur les différents, lorsque l’on est suffisamment accordé à l’autre pour se reposer sur lui lors de grandes décisions communes.
L’ Amour suffit, oui, mais certaines choses sont préalables à cet amour ; la compatibilité des valeurs en fait partie. Le choix de notre partenaire est essentiel, sur lui repose l’essentiel de la relation ; une vérité si évidente, mais tant oubliée ! Aussi, nombreuses sont les histoires qui s’achèvent quand, un beau matin, nous avons le sentiment de nous réveiller aux côtés d’un étranger ; étranger, l’est-il vraiment?
Où est-il celui qu’ayant toujours été, nous avons enrobé de nos illusions et fantasmes?
Est-ce le temps qui nous a séparés, ou avons nous, à notre insu, condamné notre histoire dès son commencement en l’inscrivant dans la subjectivité des sentiments, laissant de côté la vérité, reflet du réel ?