L’alimentation compulsive

De quoi as-tu vraiment faim ?

33% des Américaines en surpoids troqueraient volontiers 5 années de vie contre -5 kilos définitifs sur la balance ; un chiffre qui en dit long sur notre société, mais pas seulement.

On le sait : les régimes ne marchent pas, certains de nous l’ont expérimenté, d’autres l’ont vécu à travers des proches. Si de nombreux professionnels l’expliquent aujourd’hui par leur échec nutritionnel, l’aspect psychologique est de plus en plus mis en avant.
Pour manger moins et mieux, la volonté aurait suffi si l’alimentation n’avait été qu’un moyen de répondre à nos besoins physiologiques. Mais ce n’est pas le cas. Nous le vivons depuis notre tendre enfance : le rapport à la nourriture est (aussi) une affaire d’émotions.
Trop manger n’est le choix de personne, c’est le propre de ceux qui ne savent pas de quoi ils ont réellement faim. Si certains vivent les conséquences directes de cette alimentation émotionnelle, cet article s’adresse à tous, aux adeptes de régimes en tous genre comme aux autres, car la nourriture est l’un des moyens de vivre une problématique qui parle à chacun : la gestion des émotions, des blessures affectives, de la mésestime de soi.

Qu’est-ce que la faim émotionnelle, quel est son lien entre nourriture et émotions, quels en sont les mécanismes et comment s’en sortir ? Remettons la nourriture et sa juste place !

Nous n'avons pas (que) faim de nourriture

La véritable faim, le ventre biologique

3 repas par jour, matin, midi, et soir ; on a grandi en pensant que c’était la norme, en le vivant comme tel. Je ne suis pas nutritionniste, mais je ne crois pas me tromper en disant que cette injonction n’est pas des plus exactes. En réalité, la société encadre ce besoin en l’étalant sur la journée, mais se nourrir relève plus de l’instinct que de l’heure. Pourtant, rare sont ceux qui questionnent cette injonction, et pour causes : les repas sont devenus une façon comme une autre de créer un lien social, d’exister au sein d’un groupe. La résultante est la suivante : nous, humains, ne sommes plus éduqués à écouter notre faim biologique, notre besoin alimentaire n’est plus guidé par notre organisme, mais par les normes sociales et les habitus acquis toute notre vie durant.
Il suffit d’observer un enfant pour s’apercevoir que le corps humain ne ressent pas le besoin de manger ces trois fois par jours, à ces heures précises. Lui qui n’a pas la notion de temps, vaque à ses occupations et se nourrit par opportunisme, par instinct. L’enfant ne se dit pas « tien, il est 12h, il faut que je déjeune », mais dit « j’ai faim » lorsque son ventre gargouille. En bref, lorsque sa faim véritable se fait sentir, il le fait savoir.
Cette réalité se vérifie même pour nous, adultes. Immergés dans une tâche qui nous passionne, on ne voit pas le temps passer. On « oublie » de manger. Ou pas. Car manger est un besoin ; on n’oublie pas de dormir, on n’oublie pas de manger. Voici où j’essaye d’en venir : la faim biologique représente une infime partie de nos comportements alimentaires.
Dès lors, comment expliquer nos compulsions alimentaires ? Pourquoi mange-t-on autant, si l’on n’a pas vraiment faim ? Disons qu’il existe en nous deux ventres, l’un biologique, l’autre émotionnel, et que nous les confondons.

La faim compulsive, le ventre émotionnel

La vraie faim est rarement celle des aliments. Au-delà du besoin, il existe de multiples raisons pour lesquelles nous mangeons : envie, plaisir, compensation, mimétisme, réflexe. Si notre second ventre m’intéresse aujourd’hui, c’est que cette faim émotionnelle, souvent à l’origine de transes et de troubles du comportement alimentaire, s’est transformée en mécanisme de gestion des émotions.
Comme j’en parlais ici, les émotions sont une réaction intérieure à un événement extérieur. Lorsqu’elles sont désagréables, ces émotions viennent indiquer qu’au-dehors de nous, quelque chose se produit et ré-ouvre de vieilles blessures intérieures, pointant nos problématiques non résolues. C’est pourquoi, inconsciemment, nous décidons de mettre en place un stratagème pour éviter de les affronter : nous mangeons. La nourriture est donc cette espèce de bouton qui éteint le mal-être, un outil psychologique permettant d’éviter tout sentiment anxiogène. En mangeant, on étouffe ces émotions qui nous font mal, on court-circuite nos facultés cognitives permettant de résoudre le problème qu’elles pointent. On entre dans une transe alimentaire à l’effet narcotique pour éviter ce que l’on ressent. On jette l’éponge, et on maintient notre vie dans ce dysfonctionnement permanent.
On dit qu’on mange parce qu’on a faim – ou pas, d’ailleurs- mais en réalité, on mange sans savoir pourquoi. La nourriture anesthésie ce que l’on ressent et transforme une expérience désagréable en quelque chose d’agréable.

Nourriture et émotions : quel lien ?

Tu es triste ? Tiens, prend un bonbon

Pourquoi la nourriture est-elle devenue l’ingrédient essentiel de cette mécanique reposant sur notre sentiment d’impuissance ? 

Dans l’enfance, où nous sommes vraiment impuissants, nous apprenons à associer confort et nourriture, éduqués à percevoir l’alimentation comme fonction compensatoire d’un état émotionnel. Que fait-on lorsqu’un enfant est contrarié ? En 2020, on le met devant le ipad…et/on fait ce qu’on a toujours fait : on lui donne une sucrerie. Le sucre, c’est doux, c’est un câlin intérieur, une récompense, une consolation, une distraction, un ami. Il se décline pour tous les états d’âme, un effet instantané, immédiat. Aussi simple que ça, mais pas seulement…

La culture, jonction entre nourriture et émotions

La sphère culturelle est également actrice dans ce rôle que l’on attribue aux aliments, puisque la nourriture est une expression de l’amour, un langage universel qui vient quasi-systématiquement valider les rencontres amicales, familiales, professionnelles. Symbole d’hospitalité, de charité et de partage, cet accompagnement d’une expérience positive est devenu une finalité. La nourriture est aujourd’hui l’objet d’amour lui-même ; il n’y a qu’à voir le nombre de comptes instagram qui lui sont dédiés, la façon dont certaines personnes en parlent. Formidable, merveilleuse, admirable, nous avons donné à la nourriture une place qui n’est pas la sienne et qui est beaucoup trop envahissante (même si oui, un bon plat, c’est incroyable, là n’est pas la question !)

À tout ça s’ajoute le fait que la plupart des individus vivent un état névrotique plus ou moins développé, ce qui est naturel étant donné le chaos du monde dans lequel nous évoluons. Pour survivre à ce chaos qui nous éloigne de la sérénité, il nous faut élaborer des subterfuges psychologiques pour s’adapter et faire face sans trop s’épancher sur nos émotions. Car non, ces émotions qui nous submergent ne sont pas bien vues par la société ; nous n’avons pas le droit d’être sensibles. Nous n’avons pas le droit d’être malheureux alors que des gens vivent en pays de guerre, nous n’avons pas le droit de nous sentir seuls alors que nous avons la chance d’avoir des familles, pas le droit de ne pas nous aimer alors que nous avons la santé, de nous plaindre quand nous avons un toit sur la tête ; la sensibilité, c’est pour les pauvres, les gens lointains, ou c’est pour les artistes, les fragiles, et les faibles. Mais pas pour les gens comme nous. Nous, nous devons travailler, être pragmatiques, penser positif pour attirer le positif, se réjouir de tout, être reconnaissant, tout le temps.
Il faut, il faut, il faut.

Les émotions au cœur du débat intérieur

Voilà pourquoi, au-delà de l’aspect nutritionnel, les régimes sont bien souvent des échecs ; on se trompe de ventre. C’est impossible d’en mener un à bout si l’on n’a pas appris à gérer ses émotions. Tant que le second ventre est carencé, le lien à la nourriture ne dépend pas juste de la volonté, mais de problématiques plus profondes.

Disons que je fais un régime ; je craque. Je n’ai pas craqué parce que j’avais vraiment faim. Dans un régime, je mange, donc mon ventre biologique est rempli. J’ai craqué parce que je m’ennuyais. Ou parce que j’étais frustrée. Parce que j’étais énervée, stressée, triste, en colère. Mais puisque je suis focalisée sur mon « régime » ou ma bonne résolution de « bien manger » (car oui, le healthy à outrance peut aussi entrer dans cette problématique de l’alimentation émotionnelle) je me détourne de ma véritable problématique qui est le message que mon émotion m’a envoyé, et préfère blâmer mon « manque de volonté. » L’effet yoyo se comprend d’ailleurs à l’aune de cette vérité : il est le choix de la satisfaction (émotionne) immédiate plutôt que d’une récompenses future (perte de poids/équilibre alimentaire).

Psychologie de la faim émotionnelle

Un schéma bien ancré

« Je mange sans avoir faim. Je me remplis, je ne savoure même pas. Une envie soudaine apparaît, quasi-obsessive. Une bouchée, puis une autre, une autre. Il m’arrive aussi que tout se passe sous forme de rituel. Je vais faire mes courses, déjà excitée à l’idée de ce que je vais manger. Je choisis précautionneusement le film qui accompagnera ma transe. Et je mange. J’ai l’impression que la nourriture me fait du bien, et que si on me l’enlève, je n’ai plus rien pour être heureuse. Les premières bouchées sont bonnes, mais je ne sens pas passer les autres. Sans même m’en rendre compte, c’est déjà fini. Parfois, je me sens mal, j’ai la nausée et je me jure de ne pas recommencer. D’autres fois, j’ai faim quelques minutes plus tard. »

Si l’on décortique l’épisode compulsif d’une personne sujette à l’alimentation de consolation, le schéma est toujours identique : 1) un événement ou une situation se produit  2) et résonne avec puissance à l’intérieur de nous 3) provoquant une panique. Il s’agit d’un élément déclencheur, amplifié inconsciemment par un scénario catastrophe, compensé immédiatement mais temporairement par une transe, laissant derrière elle des conséquences.

Exemple : 

Il a été odieux avec moi (élément déclencheur) > je me sens sans valeur (scénario catastrophe, amplification) > j’ai bien mérité ce carré de chocolat pour me remonter le moral (récompense immédiate) > je viens de m’enfiler la tablette entière ; je n’ai aucune volonté, je me sens encore plus mal (conséquence de la transe).

J’ai essayé ce jean T36 et il ne me va plus (élément déclencheur) > je me sens énorme (scénario catastrophe, amplification) > foutue pour foutue, achetons cette glace cookie&cream que j’aime tant (récompense immédiate) > je n’ai aucune volonté, je suis nulle (conséquence de la transe).

Je me sens seule ce soir (élément déclencheur) > je m’ennuie, ma vie est ennuyeuse (scénario catastrophe) > allez, un film, une pizza, des bonbons, netflix et ma couette et ça va mieux (récompense immédiate) > je me sens toujours aussi seule et j’ai envie de recommencer pour que ça s’arrête (conséquence).

Éléments déclencheurs de la faim émotionnelle

La faim émotionnelle est donc déclenchée par deux types d’éléments :
– Les situations/lieux/évènements
– Les personnes (et leurs paroles/comportements)
Ces éléments viennent remuer notre estime de soi ou nos blessures affectives, regroupées en cinq strates :

Chaque fois qu’une situation, qu’un lieu, qu’un événement ou qu’une personne appuie là où ça fait mal, c’est-à-dire, là où je doute de moi, j’ai faim. Exemple : je me trouve bête (doute sur moi) + j’ai une mauvaise note à un examen (événement) = j’ai faim.

Chaque fois que je me sens impuissante face à ma vie, que j’ai l’impression de n’avoir aucun contrôle, de ne jamais obtenir ce que je veux quand je le veux et que j’en souffre, j’ai faim. Exemple : j’aimerais avoir un métier épanouissant (frustration) + mon boss me donne une tâche ennuyeuse à faire (évènement/personne) = j’ai faim. Pourquoi ? Car personne n’est là pour m’aider à gérer cette frustration, que je me sens incapable de le faire seule. Manger, c’est ma récompense illusoire.

Chaque fois que l’on me fait du mal, je me sens impuissante, incapable de me protéger ; j’ai faim. Exemple : j’ai été victime de comportements déplacés (sentiment d’insécurité) + on pose sur moi un regard malaisant (évènement/personne) = j’ai faim. Pourquoi? Car je m’accroche à la nourriture quand j’ai peur ; aussi car inconsciemment, je perçois des kilos superflus comme une cachette, un prétexte pour ne pas être moi-même, car être moi est dangereux. « Je le ferai quand j’aurais perdu x kilos », mon mécanisme d’évitement, mon moyen de ne rien tenter. 

Chaque fois que j’ai l’impression qu’on veut me contrôler, m’imposer quelque chose auquel je n’arrive pas à dire « non », je mange. Exemple : je n’arrive pas à me faire respecter de mes enfants (sentiment de soumission) + mon enfant me fait un caprice dans un magasin = j’ai faim. Pourquoi ? En mangeant, je pose un acte de rébellion, car je me souviens comme, dans l’enfance, la nourriture était un objet de pression sur mes parents. En mangeant, je m’affirme. 
J’ai aussi faim lorsqu’on me dis  « tu devrais perdre du poids / faire attention à ce que tu manges », parce que j’aimerais dire « Aime-moi inconditionnellement », mais je n’y arrive pas. Enfin, je mange chaque fois que j’en veux à quelqu’un sans arriver à l’exprimer : c’est sa punition pour ce mal-être qu’il provoque en moi, je matérialise le mal que je ressens pour qu’en me regardant, il le voit.

Chaque fois que je me sens vide, j’ai faim.
Quand je fais un régime, je l’auto-sabote alors que j’approche de mon objectif, car si je n’ai plus à me soucier de mon poids, de quoi vais-je me soucier ?
Je mange pour remplir mes espaces intérieurs, le vide de mon existence.
Exemple :  aujourd’hui, métro, boulot, dodo : j’ai peu vibré, peu vécu, beaucoup gardé pour moi = j’ai faim, je compense. Chaque fois que je me sens abandonnée de tous, j’ai faim ; car la nourriture, elle, ne m’abandonne jamais.

Conséquences de la faim émotionnelle

Au-delà des conséquences évidentes (prise de poids, troubles du comportement alimentaires pouvant être dramatiques), la faim émotionnelle présente une autre résultante complexe pour la vie d’un adulte.

Enfant, nous étions dépendants de nos parents sur tous les pans, et leur éducation, leurs règles constituaient des principes absolus, binaires et non nuancés. En grandissant, l’enjeu était d’adapter ces règles à notre réalité, de les transformer en simples principes ajustables à notre contexte. C’est ça aussi, être adulte. Seulement voilà, rester un enfant, c’est sécurisant, c’est se dire qu’on a toujours les petites roues de notre vélo et qu’on ne peut pas tomber. Garder les règles de nos parents, c’est rester sous leur responsabilité et vivre à l’abri des conséquences de nos propres choix. C’est ainsi que se forme une petite voix critique à l’intérieur de notre esprit, reprenant les principes binaires de notre enfance (c’est bien ou c’est mal, jamais nuancé), celle-là même qui amplifie chacune des 5 strates précédemment citées, dont le dénominateur commun est le sentiment d’impuissance.
Lorsqu’on utilise la nourriture pour les gérer, on renforce ce sentiment, et, inconsciemment, on se complaît dans un certain confort où subir est -paradoxalement- plus simple que changer, que d’affronter cette mésestime de soi ou ses blessures affectives, qu’on préfère ignorer en mangeant.
Ce faisant, le travail de maturation émotionnelle ne se fait pas, et le conflit intérieur perdure. L’autonomie affective ne s’enracine pas ; on est adulte à l’extérieur, mais encore si fragile et vulnérable à l’intérieur.

Sortir de l'alimentation compulsive

De quoi a-t-on (vraiment) faim ?

Si l’on se nourrit de choses matérielles, c’est qu’il nous est difficile de nourrir des choses plus subtiles qui nous apporteraient une réelle satisfaction.
C’est dur d’aller à la découverte de soi pour ne plus se sentir impuissant.e face à nos propres doutes.
Plus dur encore d’oser aller au-devant de ses peurs pour prendre sa vie en main, de se rebeller, de dire non, de reconnaître qu’on ne vibre pas, que notre vie intérieure n’est pas comblée.
Pourtant, c’est de ça dont nous avons le plus faim…
La nourriture vient combler l’espace de l’épanouissement artistique ou social, elle vient remplacer ces contemplations que l’on n’a pas le temps de vivre, ces éclats de rires que l’on ne connaît plus.
La satisfaction de notre vie repose essentiellement sur des choses impalpables : nos ressentis, notre spiritualité. Nous avons soif de contemplation, de réalité, de vérité. Nous voulons vibrer, vivre des émotions fortes, trouver ce qui nous anime.
Lorsqu’on vit sa passion, on ne ressent pas autre chose que la faim biologique, car on aime exister.

Strate par strate 

Le mieux est de trouver une façon rationnelle de les gérer, de te raisonner ; le mot-clé, c’est « constructif »…et manger ne l’est pas.

Tu as forcément d’autres sources de satisfaction que la nourriture. Applique-toi à trouver comment rendre ta vie meilleure, apprends à te responsabiliser, place ta vie sous le signe de la pro-activité.

Identifie quel est ce danger qui t’anime ; et rationnalise-le. Il est forcément moins terrible que ce que tu t’imagines.

Tu as le droit de te rebeller, de t’exprimer, de ressentir. Place des mots sur ce que tu ressens. Tu es responsable de ce que tu dis, pas de la façon dont les autres le reçoivent.

Pars à cette merveilleuse aventure qu’est la découverte de soi. Qu’est-ce qui te fait sentir exister ? Rempli tes espaces vides avec du vrai, de l’humain, du spirituel : vibre !

Conseils

Mon premier conseil pratico-pratique, c’est de manger en conscience et de diagnostiquer la réelle nature de ta faim : biologique, ou émotionnelle ?
Si tu te sais sujet.e à ce type d’épisodes, pose-toi, marque un temps d’arrêt avant de porter la nourriture à ta bouche et essaye de déconstruire le schéma de ta transe alimentaire.
Quel est son élément déclencheur ?
Comment l’as-tu amplifié ?
Et si tu craques, analyse : que ressens-tu lors de la transe ?
Liste les symptômes de ta faim émotionnelle, identifie quels moments te rendent le plus vulnérable, quels sont les éléments déclencheurs de tes « crises » afin de faire preuve de vigilance lorsqu’ils surviendront.

Reprends courage, fais-toi violence ; accepte de chercher quelles émotions la faim vient masquer et comprends que ce cookie ne t’aidera pas à aller mieux. À force de le faire, tout ça deviendra un mécanisme et tous ces sentiment d’impuissance s’envoleront grâce à ce cercle vertueux où tu auras compris et intégré que tu es capable de gérer tes émotions désagréables comme un.e adulte.
Pose-toi les bonnes questions :
Qu’est-ce que tu fuis ?
Les problèmes de la vie ? Relationnels, émotionnels, estime de soi ?

Il faut également être patient avec toi-même ; accepter que chuter fait partie d’un processus et que ça ne signifie pas que tes doutes d’avant étaient fondés ; il faut t’investir dans ce nouveau départ, te décider à comprendre au mieux la façon dont tu vis tes expériences émotionnelles en cessant de nier la réalité.
Il faut tenir tête à ta voix critique, entreprendre des activités concrètes.

Mais alors, comment diminuer l’intensité de tes émotions ?

Relaxe-toi par des activités calmes qui te font du bien. Lis un livre, assieds-toi dans un beau jardin, ta musique sur les oreilles, et contemple. Ou ne fais, tout simplement, et apprécie. 

Divertis-toi
, vas au cinéma, au musée, promène-toi, sors avec des amis, bref, fais des choses qui te procurent de la joie.

Dépense-toi,
fais une activité physique, pas pour perdre du poids ou te façonner un corps de rêve, mais pour te réunifier à ton corps. Car tu n’as pas un corps, ce n’est pas un instrument que tu possèdes ; tu ES un corps. Ton corps fait autant partie de toi que ton esprit, c’est l’unicité et l’union des deux qui fait de toi une personne singulière. Prends conscience de ce corps ! 

Raisonne-toi !
Tu es souvent trop dure avec toi-même. Pour apprendre à gérer ces émotions qui te submergent, tu peux te souvenir d’une période où tu étais bien, te souvenir de ce qu’il y a de beau dans ta vie, de ce pour quoi tu es reconnaissante, tu peux élaborer un projet, te rappeler des personnes qui t’aiment, garder à l’esprit que ta vie n’est pas aussi ingérable que tu le crois, ni aussi vide de sens que tu le pense, comprendre que tu n’es pas forcée de tout contrôler, que ce que tu redoutes ne sera jamais aussi terrible que tu l’imagines…

On le sait : les régimes ne marchent pas.

Alors à toi qui te crois sans volonté et sans force intérieure car tu ne parviens pas à perdre ces fichus kilos, je veux dire ceci : ta force et ta volonté ne se mesurent pas aux chiffres écrits sur ta balance. L’être humain est complexe, TU es complexe.

C’est également valable pour toi aussi, dont le poids n’est pas une préoccupation, mais qui manges sans trop savoir pourquoi.

En fait, c’est valable pour chacun de nous, même ceux qui utilisent un autre moyen que la nourriture pour enterrer leurs émotions : acceptons que la vie ne soit pas toujours une grande fête, accueillons les émotions désagréables car elles sont là et ne pas les exprimer immédiatement ne les fera pas disparaître. Vivons ce que nous avons à vivre pour en tirer les bonnes leçons et cessons de mettre en place maints stratagèmes pour fuir les contraintes, aléas -drames, parfois – de la vie. Nous sommes capables de le faire, mais encore faut-il s’autoriser à vivre l’expérience pour s’en apercevoir…

Cet article s’inspire du livre Dites non à l’alimentation de consolation du Docteur Roger Gould

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